La Soie : un véritable savoir-faire lyonnais

La Soie : un véritable savoir-faire lyonnais

Soie

Dès 1466 Louis XI choisit Lyon pour créer une industrie de la soie, pressé par la fuite des devises qu’entraînait l’achat d’étoffes étrangères lors des foires. Un malentendu fît préférer Tours quelques temps mais François 1er revînt sur cette décision en 1536 date de la naissance officielle de l’ère lyonnaise de la soie. Cette industrie triompha à Lyon, en un lieu pourtant démuni de matière première. (par un travail en symbiose avec Lyon, la Provence plante le mûrier et élève le ver à soie).

C’est aussi dans la contradiction et les luttes que se bâtissent les grandes idées et les grandes oeuvres. La finesse de la soie, cette incomparable qualité d’étoffe à la fois douce, chaleureuse et chatoyante, est le fruit d’une histoire passionnelle entre l’homme et la nature mais aussi celle d’une lutte particulièrement rude entre soyeux et ouvriers canuts (la devise des canuts est évocatrice :  » vivre en travaillant ou mourir en combattant « ). Les pentes de la Croix Rousse furent le théâtre de cette lutte avec ses appartement-ateliers aux plafonds de bois monumentaux abritant ces lourds métiers Jacquard (datant de 1804).

Lyon était devenue une ville usine, où le vin et la bonne chère semblaient sources d’espoir et d’inspiration. La matière souveraine, soie devait engendrer une nouvelle race d’hommes laborieux, avec leur franc-parler, et leur maux (la lutte des canuts, corporation puissante, est retracée dans le roman de Bernard Clavel  » la révolte à deux sous « ).

Lors de l’Exposition universelle de 1889, le procédé industriel fatal de la soie artificielle est révélé, parachevant le déclin de l’économie lyonnaise de la soie qui pourtant avait su fournir l’église et les grands de ce monde.

Aujourd’hui Lyon reste toutefois le centre névralgique de recherche sur les tissus et abrite le Centre Français du textile, véritable laboratoire de l’innovation de la matière. Le savoir-faire lyonnais s’il fournit encore la haute couture, la lingerie ainsi que les grandes maisons de tissus d’ameublement se tourne résolument vers le futur faisant sauter d’étonnantes barrières technologiques : grâce à cette nouvelle ambition Hermès vient de tenter l’incroyable association industrielle de la soie et de la fragrance en réalisant une mousseline de soie parfumée !

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